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La force du nombre

Lorsque des membres de la communauté se réunissent pour régler un problème, de grandes choses se passent. Lisez ces histoires pour découvrir comment des organismes communautaires ont changé le visage de leur quartier. 

Transformation de Hintonburg

Le comité de la sécurité de l’association communautaire de Hintonburg se compose de bénévoles dévoués du quartier Hintonburg, qui collaborent avec des membres du personnel et des conseillers municipaux, la police locale et d’autres membres de la communauté à la réduction de la criminalité dans leur quartier et dans le reste de la ville. L’une des contributions les plus remarquables du comité de la sécurité est sa participation à la création de l’Ottawa John School, programme de formation visant à réduire la prostitution de rue en mettant fin à la sollicitation par la clientèle masculine. 

Lancé dans le quartier Hintonburg, ce projet-pilote a vu des hommes être accusés de sollicitation. Toutefois, s’ils n’avaient pas d’antécédents judiciaires et s’ils acceptaient la responsabilité de leurs gestes, ils pouvaient choisir de suivre la formation plutôt que d’être jugés par les tribunaux. S’ils terminaient le programme, les accusations portées contre eux étaient retirées. 

La formule consistant à donner à ces hommes la possibilité d’éviter l’ouverture d’un casier judiciaire et de se renseigner sur la portée de leurs gestes était nouvelle. Elle a forcé les contrevenants à reconnaître les conséquences de leur conduite sur le quartier, les risques pour la santé auxquels ils s’étaient exposés et les lois qu’ils violaient. Elle leur a également permis de découvrir les causes de la prostitution de rue, la toxicomanie étant l’une des principales.

Après une phase pilote de trois mois et une évaluation générale effectuée par des agents d’application de la loi, on a jugé que le projet était une réussite. En 1997, il a été étendu à l’ensemble de la ville. Depuis, au moins 1 200 hommes ont suivi la formation, et très peu ont récidivé. De plus, le commerce du sexe a beaucoup diminué dans Hintonburg. 

Le comité de la sécurité a également mis sur pied un programme de ramassage des aiguilles, qui a aussi été couronné de succès. Vers la fin des années 1990, le problème des aiguilles jetées ne cessait de croître. Les bénévoles faisant partie du comité de la sécurité parcouraient les parcs et les terrains de jeu tôt le matin, avant que les enfants n’arrivent, pour ramasser les aiguilles jetées. Ils en trouvaient parfois des milliers. En 2000, en réponse à des pressions du comité, la Ville d’Ottawa a entrepris le financement d’un programme proactif de ramassage des aiguilles, qui a rendu les parcs, les cours d’école et les espaces publics plus sécuritaires pour tous. 

Les autres initiatives couronnées de succès comprennent le groupe de travail sur les propriétés causant des problèmes, partenariat entrepris en 1995 qui signale des propriétés, le plus souvent des maisons servant au commerce de la drogue, à la Ville et à la police. Ces dernières collaborent ensuite afin de trouver des solutions. Par l’intermédiaire du Hintonburg Safety Partnership (partenariat pour la sécurité dans Hintonburg), les lacunes dans la loi qui font en sorte que des propriétés peuvent causer des problèmes pendant des années ont été examinées. De plus, le comité de la sécurité exerce des pressions pour qu’on offre du soutien aux personnes qui ont des dépendances. 

Le comité de la sécurité dirige aussi le programme One House at a Time (une maison à la fois), qui consiste à collaborer avec les propriétaires et, souvent, à les aider à évincer des locataires qui sont des malfaiteurs. Il a organisé plusieurs marches communautaires afin d’attirer l’attention sur les problèmes et de montrer que la communauté veut agir. Étant donné que la présence de maisons servant au commerce de la drogue attire le commerce du sexe et de nombreux autres crimes, les efforts de prévention du crime que déploie le comité sont entre autres axés sur la lutte pour débarrasser le quartier de cette source de criminalité. 

L’union fait la force des quartiers

En 2007, un groupe de résidents préoccupés et engagés vivant dans l’ouest d’Ottawa s’est adressé au personnel du Centre de santé communautaire Pinecrest-Queensway pour discuter de l’augmentation de la criminalité dans le secteur et pour s’associer à l’organisme afin de faire quelque chose à ce sujet. Le personnel du centre a aidé le groupe à présenter une demande de fonds à Prévention du crime Ottawa, et le programme Voisins unis a vu le jour. 

En deux ans seulement, Voisins unis a transformé le secteur. Plus de 50 membres de la communauté, y compris des dirigeants communautaires, des responsables religieux, des fournisseurs de services, des locataires de logements du secteur privé, des propriétaires de résidences et d’entreprises locales, des associations de locataires et des agents d’application de la loi ont contribué aux efforts déployés pour trouver des solutions et pour améliorer la qualité de vie dans l’ouest d’Ottawa. Ces efforts ont inclus des campagnes de porte à porte, des exposés publics et la création d’un site Web dont la communauté se sert pour se tenir au courant des activités à venir et des nouvelles provenant de la police. 

Au printemps de 2008, Voisins unis a mené un sondage en quatre langues (arabe, français, somalien et anglais), auquel ont participé plus de 800 adultes et jeunes de la communauté. Par suite de ce sondage, on a organisé un forum communautaire afin d’encourager les résidents à travailler ensemble pour rendre les quartiers plus sécuritaires. Ces deux initiatives ont entraîné la création de quatre groupes de travail chargés des questions suivantes :

* Environnement et embellissement;

* Sécurité communautaire;

* Répertoire des programmes et des services;

* Mesures préventives et interventions face à la consommation de drogues et d’alcool.

 Les groupes de travail se réunissent tous une fois par mois pour discuter des problèmes, des projets et des nouvelles initiatives. Ils visent à dissiper les craintes et les idées fausses au sujet de la violence chez les jeunes, du racisme et des groupes d’immigrants. Chacun a planifié, mis en œuvre et évalué plusieurs projets communautaires, dont les suivants :

* Forum communautaire, qui a souligné la nécessité d’adopter une démarche holistique à l’égard de la consommation de drogues et d’alcool et des problèmes de santé mentale, en mettant particulièrement l’accent sur les jeunes et la prévention à un stade précoce;

* Journées de nettoyage communautaire et création d’un parc dans l’un des quartiers où l’on trouve des logements sociaux;

* Cafés pour la prévention du crime, qui offrent un endroit sûr où les membres de la communauté peuvent se réunir pour discuter de leurs préoccupations et pour trouver des solutions leur permettant d’accroître la sécurité dans leur voisinage. 

Les groupes de travail poursuivent leurs efforts et continuent d’accroître la sensibilisation, de resserrer les liens et d’assurer une cohésion saine dans les quartiers en planifiant et en mettant sur pied diverses initiatives qui sont utiles pour les membres de la communauté. Fondée sur la formule des cafés, qui a été couronnée de succès, une nouvelle initiative consiste à créer des kiosques de vente de boissons fouettées où les jeunes pourront se réunir et parler des questions qui les concernent. 

Voisins unis est un exemple de plan d’action communautaire qui éduque et mobilise la communauté en ce qui concerne la criminalité et la sécurité. Ce projet est devenu un réseau de soutien essentiel aux résidents de l’ouest d’Ottawa en constituant la base d’une communauté plus saine, plus unie et beaucoup plus sécuritaire.